“Je lance une série ”
Pour cet entretien j’ai donné rendez-vous à l’homme avec qui je partage ma vie depuis presque 30 ans dans un Café que nous adorons tous les deux, le Comets dans le 11ème. Ce n’est pas étonnant qu’il nous plaise autant à l’un qu’à l’autre. Il conjugue trois ingrédients qui nous mettent d’accord, de la bonne musique, des scones et un air de Portland, Oregon qui restera toujours un fantasme d’une possible autre vie ailleurs.
Cela fait un moment que j’avais envie d’interroger Ludo sur la musique. Il aime tellement ça. Sa curiosité musicale est intarissable.
Ecoutons-le.
Quel est ton style musical ? En as-tu un d’ailleurs ?
Tout comme le style vestimentaire, je dirais que j’ai pas de style spécifique en musique même si c’est indéniable que c’est le rock qui a forgé ma culture musicale. Je n’ai écouté que ça entre l’âge de 16 ans et celui de 25 ans. Le son de cette époque : les riff les riff de guitare.
J’ai commencé par le Rock anglais. Du Punk rock à la New Wave, j’ai tout écouté avec sur mon podium The Clash, The Cure et Joy Division. Toute la puissance du rock au service du mal être, je m’en rend compte aujourd’hui ! Si chacun de ces groupes avait un leader charismatique - Joe Strummer pour The Clash / Robert Smith pour The Cure et Ian Curtis pour Joy Division - je ne me suis jamais identifié à eux en tant que personnalité c’est la sensation qui m’intéresse par la Rock Star.
Parles-nous de ta première émotion musicale ?
Je parlerais plutôt de ma première découverte : l’album Japanese whispers de The Cure que mon grand cousin écoutait. Je devais avoir 12-13 ans et ce son si particulier m’intriguait. C’était différent, tellement loin de tous les titres mainstream de l’époque. J’ai ensuite enchaîné une longue période The Cure avant l’entrée dans ma vie de The Clash et de Noir Désir… et oui j’ai longtemps été un grand fan de Noir Désir et de la voix fracassée de Bertrand Cantat. Depuis le drame j’ai bien évidemment du mal à l’écouter sereinement. Si tu devais nous donner le son de ton adolescence ce serait lequel ? Incontestablement The head on the door de The Cure. C’est un album certes assez facile, certainement le plus accessible de leur univers mais il est d’une efficacité redoutable et très mélodieux. Sans doute moins mélancolique que les précédents mais comme toujours chez cette dissonance qui les rend uniques ! Et tes plus beaux concerts ? 2022 le concert de Nick Cave à Paris, mon troisième concert de cet immense musicien dont les concerts sont à chaque fois des grands moments de communion. Ce soir là il a invité le public à le rejoindre sur scène, ce que j’ai fait, c’était fou… autant d’émotions cela ne s’oublie pas. Je l’avais vu à Londres en 1989. On ne peut pas dire qu’il soit très chaleureux mais il donne énormément sur scène. Ses concerts sont d’une grand puissance, que l’on connaisse Nick Cave ou pas d’ailleurs.
A propos de Nick Cave… quels morceaux recommanderais-tu à celles et ceux qui le connaissent peu ou mal ?
Revenons aux concerts !
Comme concert mémorable je citerais celui de Fauve# au Bataclan en 2015, je me souviens d’une énergie folle, folle. J’espère que ce groupe se reformera, leur proposition musicale est xxxxx. Ce n’est pas du rock, ce Et je renie pas tous les concerts de Noir Désir avec l’inoubliable présence du bassiste Serge Teyssot qui donnait tout pour combler les problèmes de cordes vocales de Bertrand Cantat. Faut-il aussi mentionner le concert des Cure au Bataclan en 1996 avec toi ? Ndlr : notre première “date”.
Si je te demande ton album préféré tu réponds quoi ?
Je n’en ai pas ! J’en ai plein ! Peut-être “Pornography” par The Cure. Album déchirant, profond, asphyxiant, certains parlent de Chef d’oeuvre avec une chanson que j’adore “Siamese Twins», la voix de Robert Smith y est déchirante. Après cet album très noir, le groupe prendra un virage pop avec des titres plus accessibles comme A Forest ou Close to me. En termes d’album j’aimerais aussi citer Unknown Pleasure de Joy Division. Aussi glacial que galvanisant. La voix de Ian Curtis… no comment. Il y a beaucoup de littérature autour de la pochette de cet album devenue mythique , créee par Peter Salville, le directeur artistique du label Factory qui eut l’idée d’utiliser le visuel d’un “pulsar” trouvée dans encyclopédie d’astronomie. Ce que l’on voit n’est autre que l’enregistrement des ondes d’un pulsar, rayonnement électromagnétique,se manifestant par des émissions brèves à intervalles réguliers. a pochette est novatrice, elle est perçue comme une énigme, et marquera à jamais la carrière musicale des Joy Division.
Ndlr : Si l’album est indéniablement maitrisé je le trouve très angoissant… Il y a d’autres titres plus accessibles du groupe de Manchester. comme le génial “Love will tear us appart” que je range précieusement dans ma bibliothèque “Best songs ever”.
J’ai aussi beaucoup écouté l’album Honky Dory de David Bowie dont tu parles ici.
Et si tu devais partir sur une île déserte quel album prendrais-tu ?